Ouais, gro’j’née, gro’j’née. J’arrive tout juste à la maison pis je m’installe pour faire mon blogue parce que tsé c’est sacré, mais yé 22h30 pis je vous avouerai bien que je suis un brin claqué de ma gro’j’née pis je me contenterais volontiers de rire du monde su’ Facebook pendant une heure avant de me coucher. Mais comme un blogue sacré c’est sacré, je vais vous le faire en style télégraphique. M’en va vous résumer ça moi une gro’j’née de même.

The Lava Tunnel. Première activité de la journée. J’avais pas envie de rusher le déjeuner alors j’avais réservé seulement pour midi. On est parti de la maison vers 11h10, ben relaxe. Rendu sur place, ça n’a pas niaisé. Le tour était prévu pour midi, ben à midi on était devant l’tunnel avec nos casques sua tête, pis go descendez. Notre guide était hilarant, une joke après l’autre en enfilant les explications géologiques, avec en prime un accent islandais irrésistible. Un vrai clown savant. Avec lui c’était: une explication, un punch. Il parlait tellement vite que j’avais pas le temps de tout traduire à Alexis, qui voyait ben que j’avais du fun mais qui comprenait pas pourquoi. Pas grave, il a admiré le tunnel de lave et il a trippé fort. J’avoue que c’est impressionnant à voir. D’abord, juste réaliser que, crimepof, t’es quand même en plein milieu d’un gros pipeline à lave X-Large de 1200 degrés Celcius, ça donne un ti-frisson (ironiquement). Et puis les couleurs, wow. Et ajoutez à ça les explications du ke-clown sur les différentes étapes pour créer un tunnel de lave. Super activité. Et pour pas cher en plus. Si on compare à l’autre gang d’arnaqueurs de Inside the Volcano qui demandent 475$ PAR PERSONNE pour un tour guidé de 4-5 heures durant lequel tu ne seras à l’intérieur du volcan qu’environ 35 minutes (le reste étant une randonnée pédestre de 7 km – 3.5 km aller-retour – pour s’y rendre), alors que la visite que j’ai finalement choisie ne m’a coûtée que 70$ pour nous deux, pour une heure COMPLÈTE dans le tunnel de lave, et ça prend 17 secondes pour passer du centre d’accueil à l’entrée du tunnel.
Très heureux de notre première activité, bien que mon beau Alexis s’est mis à pleuré en sortant parce qu’il s’ennuyait de son grand frère Bastien. C’est sûr que c’est une activité qu’il aurait aimée faire avec l’expert en volcanologie de la famille. D’autant plus qu’il a passé une heure à ne pas comprendre les explications du guide. Et puis une semaine de voyage loin de la famille, c’est long même pour moi, imagine pour un enfant de 9 ans. Mais après 15 minutes de route, la bonne humeur était revenue, prêt pour s’amuser pendant l’activité suivante:
Strandarkirkja, l’église construite par les marins sauvés des eaux. Le genre d’anecdote culturelle que j’adore en voyage. L’équipage d’un navire ralliant l’Islande, pris en pleine tempête, priait pour son salut, en promettant à Dieu de lui construire une église s’ils les sauvaient. C’est alors qu’un ange leur est apparu sur la côte pour leur indiquer le chemin, et ils furent sauvé ainsi. Ils ont donc tenu promesse à Dieu (quand même, faut pas prendre de chance) et ils ont réellement bâti une église sur les lieux mêmes de leur rédemption. Et depuis lors, on dit que cette église accomplit des miracles. Les marins en péril prient et promettent des dons à Strandarkirkja s’ils sont sauvés. Ce qui fait de ce lieu de culte (où aucune messe n’est célébrée depuis longtemps) un des plus riches d’Islande! Adorable non?
Après nous nous sommes dirigés vers un lieu, Herdisarvik, décrit par mon guide touristique comme étant une ancienne ferme abandonnée, cernée par d’impressionnantes coulées de lave. Wow je veux voir ça moi! On arrive là… euh, ya juste une maison, et même pas belle en plus. Oui oui elle est cernée par la lave, mais euh quelle ferme? Bref finalement c’est juste que la maison a été ensuite habitée par un grand poète islandais qui est mort en 1940. Humpf. Moi je m’attendais à du drame, une ferme miraculeusement épargnée d’une coulée de lave, mais plus de champs à cultiver, j’sais pas moi, mais pas ça. Pfff. Même pas pris de photo. C’est dans ce temps-là que tu te dis: ouais les guides touristiques, des fois, ils prennent certains raccourcis pour inventer des lieux à découvrir. Tant pis. Next!
Vingt kilomètres plus loin sur la côte: une autre tournure de phrase prometteuse nous a amené voir Krisuvikurjbarg, la falaise aux oiseaux, phoques et baleines… sans phoque, sans baleine, et avec trois oiseaux qui tournent en rond pour faire semblant qu’ils sont plusieurs. Bon, au moins la falaise était quand même belle, c’est déjà ça. Mais pendant 15 minutes, auto-persuadé par mon propre désir de croire mon guide touristique qui me jurait que j’allais voir 173 phoques en train de se faire bronzer la bedaine sur la plage en buvant un drink avec un petit parapluie dedans, j’ai pris un gros rocher noir au loin pour quelque chose de vivant sur lequel je pourrais pitcher un ballon pour le faire tourner sur son nez. J’ai ben dû marcher un gros kilomètre pour m’en rapprocher le plus possible à partir du bout de la falaise la plus proche du simulateur de phoque en habit de basalte. Ben non, pas un esti de phoque nulle part là Quel phoque? As-tu vu un phoque toi? What the phoque? N’en a pas. Fa qu’on oublie ça. Oublie ça oublie ça oublie ça oublie ça. Pis les baleines aussi oublie ça.
Après ça il nous restait 3 heures à tuer avant notre grosse activité-vedette de la soirée réservée pour 19h00. On était à côté de Krisuvik, un (autre) lieu remplie de fumerolles, de bassins d’eau bouillante et de boue grise qui fait plop plop. C’est pas que c’est pas beau là, mais comme on en a déjà vu genre 4 des sites comme ça depuis 6 jours, on dirait que c’était moins tentant. Et puis cette odeur d’oeufs pourris, c’est jamais attirant. Mais comme nous n’avions qu’une autre activité à faire à l’autre bout de la péninsule et qu’elle ne nous occuperait qu’environ 30 minutes, on s’est dit que finalement, on avait surtout envie de faire une bonne randonnée pédestre d’une heure et demie sur un site cool, même s’il pue. Alors on est allés. Et finalement ça nous a fait du bien. C’était quand même comique de nous voir prendre 2-3 photos rapides des fumerolles de bouettes grises qui font bloup bloup avec l’air blasé alors que les autres touristes avaient le même air émerveillé qu’on avait la première fois qu’on a vu ça. Nous on a directement passé à la piste de randonnée qui gravissait la montagne, question d’avoir un défi physique et une belle vue en récompense. C’est ce qu’on a eus. Cool!
En fin de journée, on s’est donc rendus à Reykjanesviti, un point d’observation au bout de la péninsule, d’où on peut notamment voir un gros piton volcanique de 77 mètres de haut qui surgit de l’océan à 17 km de la côte. Bon, finalement le piton a l’air ben beau et impressionnant mais c’est quand même loin 17 km. Par contre, la falaise qui sert de point de vue est vraiment hallucinante, voire limite effrayante. Alexis ne voulait même pas monter jusqu’au bout, surtout quand il a vu qu’une grosse partie de la falaise s’était effondrée juste à côté, et qu’en plus j’arrêtais pas de répéter « Ouf ça fout la chienne quand même hein!! » à toutes les 30 secondes. Finalement, en bon père de famille tyrannique que je suis, je l’ai forcé à gravir jusqu’en haut pour prendre une photo. Maudit qu’il est obéissant hein!
Voilà comment on a passé le temps entre nos deux activités-vedettes de la journée, soit à 12:00 le Lava Tunnel, et à 19:00…
Le fameux Lagon Bleu. Un lac d’eau chaude dans lequel les gens peuvent se baigner pour relaxer avec la face pleine de boue et un drink à la main. C’est là qu’on s’est rendu à l’heure prévue.
J’avoue que l’endroit est séduisant. Super bel aménagement paysager, ils ont construit ça au beau milieu d’un champ de lave, en créant des couloirs d’accès à travers ça. Le lac lui-même est de toute beauté, avec son eau bleutée teintée de silice, chauffée naturellement avec des sources d’eau chaude. Et une fois plongé dedans jusqu’aux épaules, faut avouer que c’est vraiment relaxant, surtout quand on sort un peu de l’eau pour sentir l’air frais ambiant.
Sauf que bon, après coup, tu te dis: ouais, prendre un bain chaud aussi c’est relaxant, sauf que t’es pas obligé de le partager avec 250 personnes que tu ne connais pas. Laides en plus. Et ça ne coûte pas 125$.
Une fois sortie de là, je me disais, crimepof, au lieu de tomber dans ce piège à touristes à la con, j’aurais plutôt dû retourner faire une randonnée sur la montagne située à 30 minutes d’ici, Reykjadalur Hot Spring Thermal River, vous vous souvenez? Celle où on avait vu une rivière d’eau chaude dans laquelle les gens vont se baigner et relaxer! Me semble que ça, ça aurait été une expérience unique dont je me serais souvenu toute ma vie et dont j’aurais été fier. Et c’est gratuit en plus! Avec une randonnée en montagne magnifique en prime! C’est ça que je suis venu faire en Islande, de la randonnée en montagne magnifique! Bref, ne faites pas la même erreur que moi si vous allez en Islande: ne sacrez pas 125$ dans le Lagon Bleu, aussi beau soit-il, et allez plutôt dans une rivière d’eau chaude avec du vrai monde qui se foutent à poil en pleine nature à côté des moutons qui broutent.
Bon, là c’est vrai: on a fini nos visites du pays, fini de rouler! Demain on visite la capitale à pieds, la voiture garée devant la maison! Une belle journée qui promet. Un gros condensé de beauté et de culture pour finir ce voyage mémorable, avant de prendre l’avion lundi matin.
Ciao!
P.S. Je sais, c’était pas tellement télégraphique comme style de billet, mais je me suis laissé emporté. Il est 23:55, bonne nuit. Dormir aussi c’est sacré. Surtout après une gro’j’née, une très grosse journée.










































































































































