Une journée qui s’annonçait excitante mais qui devait démarrer avec un timing serré. Cette fois-ci, pas question de faire la grasse matinée. J’étais debout à 7h15 AM, afin de ramasser tous nos bagages, séparer le linge encore mouillé du linge sec (après le carnage pluvieux d’hier, yen avait beaucoup à sécher), cleaner la chambre, embarquer les sacs dans l’auto, puis partir déjeuner au buffet de l’hôtel à 08h00 pour maximum 15 minutes top chrono! Car nous avions ensuite 1h15 de route à faire afin d’arriver pour 09h30 à Vik. On s’était donné 20 minutes pour trouver des vêtements imperméables pour remplacer les défaillants d’hier (pantalons pour moi, veste pour Alexis, et paires de gants pour chacun de nous). Par chance, le lieu du rendez-vous avec notre guide de la compagnie de visite guidée des cavernes glaciaires était situé tout juste derrière un magasin de vêtements de plein-air (pas sûr que c’est un hasard, ont-ils des parts dans l’entreprise?). Mission accomplie, on a trouvé tout ce qu’on cherchait, et – à ma grande surprise – pour pas plus cher que si on les avait achetés au Canada! Le temps de retourner à la voiture et d’enfiler tout ça, à 9h55 on était au rendez-vous avec notre guide, embarqués dans le 4×4. Ouf!
Maintenant mieux équipés pour affronter le vent pluvieux islandais, on s’est rendus au glacier Myrdalsjökull (voisin du célèbre Eyjafjallajökull), qui cache sous son épaisse couche de glace de 596 km² et de 700 mètres d’épaisseur le mythique volcan Katla, qui a fait subir sa colère aux habitants des environs à 20 reprises depuis l’an 1000, soit une éruption à tous les 40 à 60 ans… bien que la dernière remonte à 1918 (et la population vit dans l’angoisse de la prochaine imminente depuis plus de 50 ans!). La coulée de lave provoquée par cette dernière avait ajouté 5 km de plus au littoral. Un véritable champ de ruines qu’ils ont volontairement ensemencé de hautes herbes afin de réduire les effets des désagréables tempêtes de sable noir qui surviennent à chaque fois que le vent se lève, c’est-à-dire genre tout le temps.
Mais parlons plutôt du glacier! Quelle magnifique aventure nous avons vécu Alexis et moi ce matin. La guide a bien remarqué d’ailleurs que Alexis avait constamment le sourire aux lèvres! C’est quand même pas tous les jours qu’on a la chance de traverser un glacier millénaire via un tunnel de glace abritant une rivière sous-glaciaire. Juste pour s’y rendre, c’était déjà quelque chose. Il a fallu traverser le champ de lave noire en gros 4×4 (en fait un super-mini-bus de 15 passagers équipé de gros pneus). Aucune voiture normale ne pourrait s’y rendre. Ceinture de sécurité bouclée serré obligatoire afin d’éviter de s’ouvrir le front sur le plafond! Le trajet dure 30 minutes! Cet endroit semble tellement provenir d’une autre planète qu’on y a tourné de nombreux films de science-fiction, dont un Star Wars…!
Une fois devant le glacier, on nous équipe d’abord de casques puis de crampons à glace afin d’entrer dans cette magnifique caverne de glace, tantôt en longeant des murs sur d’étroits passages glacés, tantôt en passant au-dessus de la rivière glaciale via de chambranlants ponts de fortune de 30 centimètres de large. Tout cela fait partie du plaisir de l’aventure, mais le clou demeure tout de même la vision de cette immense montagne de glace bleue et les ramifications internes de cette caverne-tunnel qui nous mène dans un immense bol de glace à ciel ouvert, lui-même étant le résultat d’un tourbillon d’eau qui en a progressivement élargi les parois au fil des ans jusqu’en à faire cette… clairière de glace.
Dommage pour les photos, le ciel étant vraiment sombre et le temps pluvieux, mais j’ai quand même tenté de croquer quelques clichés pour vous donner un mince aperçu des beautés qui s’y cachent… Cocasse quand on les regarde, on a l’impression de photos noir & blanc à cause de l’éclat cristallin de la glace et de la noirceur de la couche de cendre volcanique qui la recouvre partout. Ça donne un résultat intéressant.
En tout cette aventure a duré 3 heures qu’on n’oubliera certainement jamais.
Avant de quitter Vik (au retour du tour guidé), on en a profité pour aller voir leur fameuse Plage de Sable Noir. Vous pourrez vous aussi vous demander: Mais diantre, pourquoi n’y a-t-il personne qui se baigne aujourd’hui?
Notre aventure suivante a été moins éblouissante… en fait nous n’avons pratiquement rien vu! Ce qui est plutôt décevant quand on fait une randonnée pédestre de 2 heures pour voir l’une des plus belles chutes d’Islande: le très populaire Svartifoss, dans le légendaire parc national de Skaftafell, près du gigantesque glacier Vatnajökull (le plus grand d’Europe). Autant de raisons d’être excités, et pourtant nous n’avons connu que la déception de l’occasion manquée. C’est que le temps était si pluvieux qu’en fait nous ne pouvions rien voir du tout. Morale de l’histoire: quand les nuages cachent la cime d’une montagne, n’y grimpe pas pour y voir le panorama.
On avait l’intention de faire une plus longue randonnée, mais vue la situation, on a décidé de passer au programme suivant: les icebergs de la baie de Jökulsarlon. Une véritable pouponnière de bébés icebergs fraîchement accouché du glacier Vatnajökull qui s’y trempe les fesses. Encore une fois, une activité excitante et prometteuse, partiellement gâchée par la rudesse de la météo islandaise. Cette fois-ci, c’est le vent qui a eu raison de nous. GLACIAL, BRUTAL, SURPUISSANT, j’avais l’impression qu’on se ferait emporter. On est resté maximum 5 minutes, d’abord sur la rive ouest, puis sur la rive est de la baie. Le temps de prendre quelques clichés, mes doigts étaient congelés et mon corps n’en pouvait plus. On est retourné en courant à la voiture et c’est ainsi que se sont terminés nos aventures du jour 3. Mais il faut dire que c’était tout de même de sacrés beaux glaçons qui flottaient dans cette baie. Voir de véritables icebergs, ça non plus, c’est pas banal!
Voici en résumé notre trajet d’aujourd’hui. Tout de même, ça l’air de rien quand on raconte ça platement, mais on en a fait du chemin.

Ce soir nous passons la nuit dans une charmante Guest House de Höfn, un chaleureuse petite ville portuaire à la limite de cette zone qu’on nomme le Sud-Est Islandais. Demain nous quitterons le sud et ses légendaires glaciers pour entrer dans le monde merveilleux des fjords de l’Est, tous plus époustouflants les uns que les autres. Chemin faisant, nous devrions voir 5 de ceux-ci, pour terminer notre folle course 4 heures plus tard à Seyðisfjörður, cette ville renommée pour sa beauté qui a attiré les plateaux de tournage cinématographiques de The secret life of Walter Mitty, et plus récemment de la série Trapped. Si les nuages peuvent nous lâcher un peu, on devrait pouvoir s’en mettre plein la vue!
Ciao!
























