À poil et à vapeur

Ouais, gro’j’née, gro’j’née. J’arrive tout juste à la maison pis je m’installe pour faire mon blogue parce que tsé c’est sacré, mais yé 22h30 pis je vous avouerai bien que je suis un brin claqué de ma gro’j’née pis je me contenterais volontiers de rire du monde su’ Facebook pendant une heure avant de me coucher. Mais comme un blogue sacré c’est sacré, je vais vous le faire en style télégraphique. M’en va vous résumer ça moi une gro’j’née de même.

The Lava Tunnel. Première activité de la journée. J’avais pas envie de rusher le déjeuner alors j’avais réservé seulement pour midi. On est parti de la maison vers 11h10, ben relaxe. Rendu sur place, ça n’a pas niaisé. Le tour était prévu pour midi, ben à midi on était devant l’tunnel avec nos casques sua tête, pis go descendez. Notre guide était hilarant, une joke après l’autre en enfilant les explications géologiques, avec en prime un accent islandais irrésistible. Un vrai clown savant. Avec lui c’était: une explication, un punch. Il parlait tellement vite que j’avais pas le temps de tout traduire à Alexis, qui voyait ben que j’avais du fun mais qui comprenait pas pourquoi. Pas grave, il a admiré le tunnel de lave et il a trippé fort. J’avoue que c’est impressionnant à voir. D’abord, juste réaliser que, crimepof, t’es quand même en plein milieu d’un gros pipeline à lave X-Large de 1200 degrés Celcius, ça donne un ti-frisson (ironiquement). Et puis les couleurs, wow. Et ajoutez à ça les explications du ke-clown sur les différentes étapes pour créer un tunnel de lave. Super activité. Et pour pas cher en plus. Si on compare à l’autre gang d’arnaqueurs de Inside the Volcano qui demandent 475$ PAR PERSONNE pour un tour guidé de 4-5 heures durant lequel tu ne seras à l’intérieur du volcan qu’environ 35 minutes (le reste étant une randonnée pédestre de 7 km – 3.5 km aller-retour – pour s’y rendre), alors que la visite que j’ai finalement choisie ne m’a coûtée que 70$ pour nous deux, pour une heure COMPLÈTE dans le tunnel de lave, et ça prend 17 secondes pour passer du centre d’accueil à l’entrée du tunnel.

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Très heureux de notre première activité, bien que mon beau Alexis s’est mis à pleuré en sortant parce qu’il s’ennuyait de son grand frère Bastien. C’est sûr que c’est une activité qu’il aurait aimée faire avec l’expert en volcanologie de la famille. D’autant plus qu’il a passé une heure à ne pas comprendre les explications du guide. Et puis une semaine de voyage loin de la famille, c’est long même pour moi, imagine pour un enfant de 9 ans. Mais après 15 minutes de route, la bonne humeur était revenue, prêt pour s’amuser pendant l’activité suivante:

Strandarkirkja, l’église construite par les marins sauvés des eaux. Le genre d’anecdote culturelle que j’adore en voyage. L’équipage d’un navire ralliant l’Islande, pris en pleine tempête, priait pour son salut, en promettant à Dieu de lui construire une église s’ils les sauvaient. C’est alors qu’un ange leur est apparu sur la côte pour leur indiquer le chemin, et ils furent sauvé ainsi. Ils ont donc tenu promesse à Dieu (quand même, faut pas prendre de chance) et ils ont réellement bâti une église sur les lieux mêmes de leur rédemption. Et depuis lors, on dit que cette église accomplit des miracles. Les marins en péril prient et promettent des dons à Strandarkirkja s’ils sont sauvés. Ce qui fait de ce lieu de culte (où aucune messe n’est célébrée depuis longtemps) un des plus riches d’Islande! Adorable non?

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Après nous nous sommes dirigés vers un lieu, Herdisarvik, décrit par mon guide touristique comme étant une ancienne ferme abandonnée, cernée par d’impressionnantes coulées de lave. Wow je veux voir ça moi! On arrive là… euh, ya juste une maison, et même pas belle en plus. Oui oui elle est cernée par la lave, mais euh quelle ferme? Bref finalement c’est juste que la maison a été ensuite habitée par un grand poète islandais qui est mort en 1940. Humpf. Moi je m’attendais à du drame, une ferme miraculeusement épargnée d’une coulée de lave, mais plus de champs à cultiver, j’sais pas moi, mais pas ça. Pfff. Même pas pris de photo. C’est dans ce temps-là que tu te dis: ouais les guides touristiques, des fois, ils prennent certains raccourcis pour inventer des lieux à découvrir. Tant pis. Next!

Vingt kilomètres plus loin sur la côte: une autre tournure de phrase prometteuse nous a amené voir Krisuvikurjbarg, la falaise aux oiseaux, phoques et baleines… sans phoque, sans baleine, et avec trois oiseaux qui tournent en rond pour faire semblant qu’ils sont plusieurs. Bon, au moins la falaise était quand même belle, c’est déjà ça. Mais pendant 15 minutes, auto-persuadé par mon propre désir de croire mon guide touristique qui me jurait que j’allais voir 173 phoques en train de se faire bronzer la bedaine sur la plage en buvant un drink avec un petit parapluie dedans, j’ai pris un gros rocher noir au loin pour quelque chose de vivant sur lequel je pourrais pitcher un ballon pour le faire tourner sur son nez. J’ai ben dû marcher un gros kilomètre pour m’en rapprocher le plus possible à partir du bout de la falaise la plus proche du simulateur de phoque en habit de basalte. Ben non, pas un esti de phoque nulle part là Quel phoque? As-tu vu un phoque toi? What the phoque? N’en a pas. Fa qu’on oublie ça. Oublie ça oublie ça oublie ça oublie ça. Pis les baleines aussi oublie ça.

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Après ça il nous restait 3 heures à tuer avant notre grosse activité-vedette de la soirée réservée pour 19h00. On était à côté de Krisuvik, un (autre) lieu remplie de fumerolles, de bassins d’eau bouillante et de boue grise qui fait plop plop. C’est pas que c’est pas beau là, mais comme on en a déjà vu genre 4 des sites comme ça depuis 6 jours, on dirait que c’était moins tentant. Et puis cette odeur d’oeufs pourris, c’est jamais attirant. Mais comme nous n’avions qu’une autre activité à faire à l’autre bout de la péninsule et qu’elle ne nous occuperait qu’environ 30 minutes, on s’est dit que finalement, on avait surtout envie de faire une bonne randonnée pédestre d’une heure et demie sur un site cool, même s’il pue. Alors on est allés. Et finalement ça nous a fait du bien. C’était quand même comique de nous voir prendre 2-3 photos rapides des fumerolles de bouettes grises qui font bloup bloup avec l’air blasé alors que les autres touristes avaient le même air émerveillé qu’on avait la première fois qu’on a vu ça. Nous on a directement passé à la piste de randonnée qui gravissait la montagne, question d’avoir un défi physique et une belle vue en récompense. C’est ce qu’on a eus. Cool!

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En fin de journée, on s’est donc rendus à Reykjanesviti, un point d’observation au bout de la péninsule, d’où on peut notamment voir un gros piton volcanique de 77 mètres de haut qui surgit de l’océan à 17 km de la côte. Bon, finalement le piton a l’air ben beau et impressionnant mais c’est quand même loin 17 km. Par contre, la falaise qui sert de point de vue est vraiment hallucinante, voire limite effrayante. Alexis ne voulait même pas monter jusqu’au bout, surtout quand il a vu qu’une grosse partie de la falaise s’était effondrée juste à côté, et qu’en plus j’arrêtais pas de répéter « Ouf ça fout la chienne quand même hein!! » à toutes les 30 secondes. Finalement, en bon père de famille tyrannique que je suis, je l’ai forcé à gravir jusqu’en haut pour prendre une photo. Maudit qu’il est obéissant hein!

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Voilà comment on a passé le temps entre nos deux activités-vedettes de la journée, soit à 12:00 le Lava Tunnel, et à 19:00…

Le fameux Lagon Bleu. Un lac d’eau chaude dans lequel les gens peuvent se baigner pour relaxer avec la face pleine de boue et un drink à la main. C’est là qu’on s’est rendu à l’heure prévue.

J’avoue que l’endroit est séduisant. Super bel aménagement paysager, ils ont construit ça au beau milieu d’un champ de lave, en créant des couloirs d’accès à travers ça. Le lac lui-même est de toute beauté, avec son eau bleutée teintée de silice, chauffée naturellement avec des sources d’eau chaude. Et une fois plongé dedans jusqu’aux épaules, faut avouer que c’est vraiment relaxant, surtout quand on sort un peu de l’eau pour sentir l’air frais ambiant.

Sauf que bon, après coup, tu te dis: ouais, prendre un bain chaud aussi c’est relaxant, sauf que t’es pas obligé de le partager avec 250 personnes que tu ne connais pas. Laides en plus. Et ça ne coûte pas 125$.

Une fois sortie de là, je me disais, crimepof, au lieu de tomber dans ce piège à touristes à la con, j’aurais plutôt dû retourner faire une randonnée sur la montagne située à 30 minutes d’ici, Reykjadalur Hot Spring Thermal River, vous vous souvenez? Celle où on avait vu une rivière d’eau chaude dans laquelle les gens vont se baigner et relaxer! Me semble que ça, ça aurait été une expérience unique dont je me serais souvenu toute ma vie et dont j’aurais été fier. Et c’est gratuit en plus! Avec une randonnée en montagne magnifique en prime! C’est ça que je suis venu faire en Islande, de la randonnée en montagne magnifique! Bref, ne faites pas la même erreur que moi si vous allez en Islande: ne sacrez pas 125$ dans le Lagon Bleu, aussi beau soit-il, et allez plutôt dans une rivière d’eau chaude avec du vrai monde qui se foutent à poil en pleine nature à côté des moutons qui broutent.

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Bon, là c’est vrai: on a fini nos visites du pays, fini de rouler! Demain on visite la capitale à pieds, la voiture garée devant la maison! Une belle journée qui promet. Un gros condensé de beauté et de culture pour finir ce voyage mémorable, avant de prendre l’avion lundi matin.

Ciao!

P.S. Je sais, c’était pas tellement télégraphique comme style de billet, mais je me suis laissé emporté. Il est 23:55, bonne nuit. Dormir aussi c’est sacré. Surtout après une gro’j’née, une très grosse journée.

C’est un roc, c’est un pic, c’est un cap, c’est une péninsuuuuuule!

Au menu du jour: Cap à l’ouest pour voir les rocs et les pics de la péninsule de Snæfellsnes, théâtre de la constructive destruction perpétrée par le stratovolcan Snæfellsjökull qui a forgé le paysage il y a 5000 à 8000 ans.

Puis en fin de journée, nous avons rejoint la capitale, Reykjavik, où nous passerons 3 (excellentes) nuits dans le même (magnifique) guesthouse, situé en plein cœur du centre-ville, dont voici le voisin immédiat…

(Photo prise en allant faire l’épicerie ce soir, avec le soleil couché. J’en prendrai de meilleures durant la journée de dimanche, consacrée à la visite de la ville).

Mais revenons à cette péninsuuuuule de Snæfellsnes. Plusieurs petits arrêts ici et là étaient au programme. D’abord deux autres sites de tournage du film The secret life of Walter Mitty (ben ouais, je l’aime ce film alors dorénavant quand je le regarderai, je pourrai revivre certains souvenirs!): la petite ville portuaire de Stykkishólmur, puis Grundarfjörður. Jolie port pour la première, jolie combo chute/montagne pour la deuxième.

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Ensuite direction Snæfellsjökull National Park, afin de voir la grosse bête qui a déversé ce tas de lave tout partout par ici. Mais cette fois-ci, au lieu de faire une randonnée autour du volcan lui-même, nous avons choisi de longer la côte sur 6 km aller-retour pour voir les falaises créées par le volcan. Magnifique!

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En passant, ne vous y méprenez pas: les roches blanches sur la photo ci-haut ne proviennent pas d’éruption volcanique mais plutôt d’éruption anale. Il y a des milliers d’oiseaux qui nichent sur ces falaises…!

Cette petite randonnée de 2 heures a bien complété cette journée. Nous sommes ensuite retournés à la voiture pour un dernier sprint de 2.5 heures de route, vers notre destination finale: Reykjavík, la capitale la plus au nord de la planète. Nous y passerons donc 3 nuits au même hôtel: ce sera reposant et moins rushant. En plus, on a accès à une fantastique cuisinette où nous pourrons mijoter nos déjeuners, dîners et soupers.

Au menu samedi: explorations des merveilles de la péninsule de Reykjanes, à commencer par une visite des caves d’un volcan, puis une baignade dans les eaux chaudes d’un lac de source géothermale nommé le Lagon Bleu, et on verra pour le reste. C’est pas le choix qui manque. Dimanche sera entièrement consacrée à la visite à pied ou à vélo de Reykjavik elle-même.

Ciao!

La désolation de smog

À la fois magnifique et horrifiant. Cela pourrait très bien décrire tout ce qui se trouve autour de ce lac Myvatn où nous avons logé la nuit dernière et visité quelques sites aujourd’hui.

Situé directement sur la gigantesque faille medio-atlantique qui sépare les plaques tectoniques nord-américaine et européenne, c’est l’une des zones volcaniques les plus actives de la planète. Le lac Myvatn lui-même a été créé à la suite d’une éruption volcanique il y a 2300 ans, coupant net le cours d’une rivière qui passait par là. Les éruptions y font rage pendant des années, les dernières notables ayant eu lieu de 1724 à 1729 et de 1975 à 1984, achevant de façonner cet étrange et singulier paysage. Depuis qu’on est en mesure de les enregistrer, des secousses sismiques sont relevées tous les jours. La chambre magmatique n’est situé qu’à 2.1 km sous la surface!

On a commencé notre visite en « douceur » avec Hvedir, un des plus vastes champs de solfatares du pays. Fumerolles blanches, mini-geysers, bassins de boues grisâtres bouillonnantes, pierres jaunies par le souffre, et terre oxydée de teinte rouge… et cette odeur d’œufs pourris à laquelle on ne s’habitue jamais vraiment. D’ailleurs il est fortement recommandé de ne pas demeurer trop longtemps dans les vapeurs des fumerolles!

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Une fois cette entrée avalée, nous sommes passés directement au plat de résistance: randonnée pédestre autour du sommet principal du volcan Krafla. À perte de vue autour, des champs de lave basaltique aux formes si particulières, d’innombrables cratères volcaniques, des fumerolles, et toutes les couleurs du spectre de la mort. On pensait avoir déjà tout vu cette semaine en matière de volcans, hé bien non. Et malgré tout, ça n’a pas empêché ces fous de Vikings de venir s’y établir il y a plus de 1000 ans. C’est d’ailleurs la seule zone habitée de toutes les Hautes-Terres d’Islande. Et ce n’est pas fini car non seulement c’est une zone touristique les plus populaires du pays, mais en plus ils y ont construit leur centrale géo-thermale la plus moderne.

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Après cette randonnée mémorable, on est allé se détendre en faisant une rapide visite d’une caverne abritant une rivière d’eau chaude bleutée, nommée Grjótagjá. Amusante et quelque peu magique!

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Pour finir notre séjour à Myvatn, nous sommes monté au sommet du cratère Hverfjall, afin d’en admirer la rondeur. Une mini-randonnée de 25 minutes, montée et descente incluse!

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Ce fut le départ de Myvatn, direction nord-ouest. En chemin, nous avons fait un arrêt pour admirer la chute que l’on qualifie de « Plus belles d’Islande » (par comparaison à la Dettifoss qui est qualifiée de « Plus puissante d’Islande »: Godafoss. Effectivement, une magnifique chute qui mérite sa popularité, et le site offre de nombreux points de vue sur sa splendeur.

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Poursuivant toujours notre chemin vers l’ouest du nord (!), nous avons fait un court arrêt dans la plus grande ville du nord islandais: Azureyri. Trop court pour l’avoir réellement photographié (nous avons plutôt fait l’épicerie!!), mais j’ai trouvé très cocasse les feux rouges de cette ville, qui visiblement tente de nous charmer!

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J’en profite pour vous montrer qu’en Islande, ils utilisent aussi la lumière jaune pour prévenir de l’imminence de la verte, tout comme je l’avais vu pour la première (et unique fois jusqu’alors) en Israël. À cette différence qu’ici, les islandais sont bien élevés et ne vous klaxonnent pas si vous n’avez pas encore démarré au bout d’un quart de seconde…

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Pour conclure cette formidable journée, nous avons fait un dernier arrêt pour visiter une de ces fameuses fermes troglodytes qu’on peut voir à certains endroits en Islande. Des bâtiments construits sous la terre, et recouvert d’une épaisse couche de gazon. La Ferme Glaumbær nous offre également la chance de visiter l’intérieur des bâtiments, véritable musée de la vie des habitants islandais d’il y a quelques centaines d’années. Avertissement si vous jamais vous passez par là un jour: PENCHEZ-VOUS EN FRANCHISSANT LES PORTES! Ils étaient vraiment petits ces islandais d’alors, de véritables Hobbits…!

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Ce soir nous dormons dans un charmant petit Guesthouse du nord-ouest islandais, juste au sud de Hvammstangi. Nous voilà donc très bien positionné pour la dernière partie de notre voyage de 9 jours, dont s’amorcera le dernier tiers demain.

Comme vous pouvez le constater, ce fut une journée très chargée. Ayant détesté les erreurs de planification d’hier qui nous avait fait perdre un temps précieux et rater quelques objectifs de visite, je nous avais concocté un horaire de visite tricoté serré pour aujourd’hui. Bien que je désirais fortement visiter les principaux sites de Myvatn, je voulais également « passer à l’ouest » le plus rapidement possible afin de nous positionner pour la descente finale vers le sud vendredi soir, ce qui nous laisserait 2 jours et 3 nuits à passer à Reykjavik et les environs avant le retour au Canada. Pour parcourir de grandes distances en peu de temps, le secret de la sauce est dans le juste dosage des épices. J’avais donc prévu de faire les 4 principaux sites de Myvatn en 4 heures afin de partir à 14h00 vers l’ouest, avec pour objectif d’arriver à notre hôtel à 19h30. Ça nous laissait donc 5.5 heures pour faire 3.5 heures de route. Nous pouvions donc prendre un total de 2 heures de pause en cours de route, ce qui me semblait raisonnable pour un enfant de 9 ans. C’est pourquoi nous avons fait 3 arrêts de 30 à 45 minutes chaque: le premier pour admirer la chute Godafoss, un deuxième arrêt à Akureyri, la plus grande ville du Nord Islandais, et enfin un troisième et dernier arrêt sur la ferme troglodyte de Glaumbær. Objectif accompli, nous sommes arrivés à l’hôtel à 19h15, avec en prime une petite épicerie en main pour nous faire un petit souper-maison dans la cuisinette, et un déjeuner demain matin. Nul besoin de vous dire que je suis très satisfait de notre journée, et Alexis est plus heureux que jamais.

Demain vendredi, jour 7, ce sera le grand retour au sud de l’Islande. L’objectif sera de dormir dans les environs de Reykjavik dès vendredi soir afin d’y passer 3 nuits au même hôtel, et pouvoir visiter tout ce qu’il y a d’intéressant à visiter dans la péninsule de Reykjanes samedi et la ville de Reykjavik dimanche, puis préparer nos bagages et retourner à l’aéroport lundi matin.

Pas encore certain de ce que je vais ajouter au menu de la traversée nord-sud demain mais j’en ai une certaine idée… À SUIRRRRRE…

Ciao!

Foss et fausse fosse

Nous avons quitté à regret Seyðisfjörður ce matin sous un magnifique ciel bleu, triste de n’avoir pu faire d’autres randonnées sur ce site enchanteur. Mais le programme de la journée (et du restant de la semaine) était trop chargé pour se permettre de s’y attarder. Heureusement le beau temps nous a suivi sur toute la route, ce qui nous a permis d’admirer de nouveaux paysages pendant plusieurs heures. La route devient alors un vrai plaisir, comme c’est pratiquement toujours le cas en Islande.

Destination du jour: les Foss (chutes) Dettifoss et Selfoss ainsi que les surprenantes gorges Jokulsargljufur sur l’impétueux fleuve Jökulsa a Fjöllum.

Le chemin pour s’y rendre était à la fois magnifique et étonnant. D’abord en suivant la vallée verdoyante et moutonnante du fleuve Lagarfljot (qui traverse notamment la ville d’Egilsstadir), puis plus loin la vallée du fleuve Jokulsa y fljotsdal devient progressivement aride à mesure qu’on gagne en altitude. S’ensuit une bonne heure de traversée d’un plateau semi-désertique où les nombreuses coulées de lave ont fait des ravages. Enfin on longe la vallée du fleuve Fjollum qui s’est creusé un nid dans une zone de désolation totale et limite effrayante.

Chance inespérée, nous n’avons pas reçu une seule goutte de pluie aujourd’hui. Par contre, le Dettifoss s’est défoulé sur nous à gros bouillons. Quelle bête féroce cette chute! On dit qu’elle déverse plus de 500 m³ d’eau par seconde à une hauteur de 44 mètres sur 100 mètres de large, ce qui en fait la chute la plus puissante d’Europe. Mais c’est l’angle aplati dans lequel elle coule qui la rend si étonnante, tombant dans une faille causée par la divergence des plaques tectoniques américaine et eurasienne.

Si je compare avec les nombreuses photos d’elle qu’on peut trouver sur Internet, il semble qu’aujourd’hui elle était particulièrement fébrile car un gros nuage de vapeur d’eau l’enveloppait, ce qui rendait la photographie difficile, d’abord pour la lentille elle-même, puis pour le rendu final. Impossible de m’approcher pour la prendre en entier, trop de gouttelettes d’eau sur l’appareil. Voici tout ce que j’ai pu prendre d’à peu près regardable. Mais allez plutôt voir sur Internet pour vous en faire une meilleure idée. Quant à nous, on a été très impressionnés de la voir en vrai, ne serait-ce que pour sentir toute la puissance de son grondement.

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Un kilomètre plus haut, la chute Selfoss vaut aussi le détour. Beaucoup moins embrumée que sa grande soeur, c’était plus facile de la photographier.

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Après ces belles découvertes, ça s’est un peu gâté. Une confusion dans mes guides touristiques m’ont fait aller au mauvais endroit pour admirer les gorges du fleuve. En fait il n’y avait qu’un canyon à voir, pas de gorge, et même pas sur le fleuve. Une fausse fosse. On s’est laissé convaincre par la guide du centre des visiteurs de faire tout de même une randonnée qui devait nous mener à une belle vue sur le fleuve, car, dit-elle, « Tout est beau en Islande ». Jusque là c’était vrai. Mais cette fois-ci… argh! La pire piste de randonnée que j’ai vue dans ma vie. Même Alexis n’en revenait pas. Une piste si étroite qu’on ne pouvait même pas y même 2 pieds de large. Souvent remplie d’herbes hautes, visiblement laissée à l’abandon. Et surtout: ne menant à rien de beau, mais vraiment rien. C’était si banal que j’avais l’impression de marcher dans un champ au Canada.

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On a rebroussé chemin, un peu frustrés d’avoir perdu presque 2 heures, et on s’est dirigé vers un autre site du fleuve, cette fois-ci beaucoup plus intéressant. Des formations géologiques épatantes appelées orgues de basalte.

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Ça a complété notre journée. Pour le retour nous avons dû affronter un des brouillards les plus denses que j’ai pu voir dans ma vie (évidemment, en Islande, toute manifestation météo est plus intense qu’ailleurs). Pendant plus de 40 minutes j’avais peine à voir le bout de ma voiture, ce qui est plutôt effrayant quand on conduit sur une route en gravier sans garde-fou entourée de fossés profonds! Heureusement ça s’est dissipé 15 minutes avant d’arriver, laissant le soleil couchant jeter un éclairage magique sur notre site de ce soir: le lac Myvatn, qui repose sur le sol volcanique le plus actif d’Islande (ce qui n’est pas peu dire). Impressionnant!

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Demain nous profiterons donc pour visiter quelques-unes des attractions volcaniques locales. Fumerolles, cratères, cavernes, alouette (ou d’autres espèces d’oiseau, le site en étant particulièrement bien pourvu).

Ciao!

De fjord jolis paysages

Un autre matin où l’éveil est immédiatement suivi d’une expression de surprise affolée: OMG DÉJÀ 09H35!!! Debout Alexis!

Nous qui avions l’intention de partir relativement tôt après avoir pris un bon petit déjeuner tranquille dans la charmante petite cuisine commune de notre B&B (pour une fois qu’il était inclus dans le prix en plus), dommage! On a encore mangé sur la route! Le temps de ramasser les bagages et de faire le plein (première fois en Islande, pour la modique somme d’environ 135$), on est partis à 10h15. J’espérais arriver à Seyðisfjörður avant 14h00 afin de pouvoir faire quelques activités sur place. Je craignais les retards, le mauvais temps et le trafic, mais finalement ça a bien été et on est arrivé vers 13h45.

Chemin faisant, nous avons contourné joyeusement 5 fjords tous plus jolis les uns que les autres: Berufjörður, Stöðvarfjörður, Faskruðsfjörður, Reyðarfjörður, jusqu’à notre destination finale Seyðisfjörður. D’ailleurs on a volontairement rallongé notre trajet afin d’en voir 2 de plus, au lieu de passer par la route Nationale 1 qui nous aurait sauvé plus de 30 minutes de déplacement. Malgré la météo extrêmement changeante et le ciel bas qui nous cachait la cime des montagnes, c’était ravissant. Jamais ce vieux dicton islandais n’aura été aussi vrai, car à chaque virage le ciel changeait:

Si tu n’aimes pas la température en Islande, attend 5 minutes.

Mais le clou de la journée a sans contredit été notre objectif final: Seyðisfjörður et son fjord magistral. Tout d’abord la fameuse route pour y accéder a été à la hauteur de sa réputation. J’avais vraiment hâte de la voir de mes yeux après l’avoir admiré dans cette fameuse scène de The secret life of Walter Mitty, où il descend cette route en longboard:

Mais en fait c’est encore mieux que cela en vrai, tout simplement parce qu’on a vraiment pu prendre le temps de tout contempler, le temps d’une mini randonnée de 40 minutes improvisée et imprévue, chaque nouveau point de vue nous poussant à aller un peu plus loin pour en voir un meilleur. Cela nous a permis de découvrir une série de cascades magnifiques, et les détails de cette route époustouflante et sa vue sur ce village en contrebas, sans parler de la vallée et des montagnes tout autour. On n’était même pas encore arrivé à la ville qu’on était déjà excités comme des puces.

En plus, EN PLUS! Le soleil s’est enfin pointé, on avait peine à y croire, on était sûr que ça durerait 10 minutes, mais finalement ça n’est allé qu’en s’améliorant toute la journée, pour nous offrir un véritable ciel bleu décoré de mignons petits nuages blancs. Wow!

Une fois en ville, on a pu faire une vraie randonnée pédestre de 2 heures sur un magnifique petit sentier longeant une rivière qui se jette dans le fjord, accompagné de ces moutons typiquement islandais qu’on a pu voir partout depuis notre atterrissage, broutant la moindre brindille d’herbe qu’ils trouvent (et parfois à une étonnante altitude, ressemblant à des chèvres de montagne).

Finalement en soirée, après avoir déposé nos bagages et changé nos vêtements, on est retourné se promener une petite heure au village pour y découvrir son joli cachet de maisons colorées, importées de Norvège dans les années 1930. Ya pire comme endroit pour manger son sandwich sur un banc de parc.

Demain, au programme: entrée dans le nord-est islandais et ses contrées sauvages. Durant les 2 prochains jours, il y aura au menu la tonitruante chute Dettifoss, les spectaculaires gorges Jokulsargljufur du puissant fleuve Jökulsa a Fjöllum, et le bouillonnant lac Myvatn et ses oiseaux. Tout cela reste à préciser. J’avoue que les routes du nord me foutent un peu la chienne, mais tant pis je fonce et tout ira très bien.

Ciao!

Un verre d’eau avec deux gros glaçons SVP

Une journée qui s’annonçait excitante mais qui devait démarrer avec un timing serré. Cette fois-ci, pas question de faire la grasse matinée. J’étais debout à 7h15 AM, afin de ramasser tous nos bagages, séparer le linge encore mouillé du linge sec (après le carnage pluvieux d’hier, yen avait beaucoup à sécher), cleaner la chambre, embarquer les sacs dans l’auto, puis partir déjeuner au buffet de l’hôtel à 08h00 pour maximum 15 minutes top chrono! Car nous avions ensuite 1h15 de route à faire afin d’arriver pour 09h30 à Vik. On s’était donné 20 minutes pour trouver des vêtements imperméables pour remplacer les défaillants d’hier (pantalons pour moi, veste pour Alexis, et paires de gants pour chacun de nous). Par chance, le lieu du rendez-vous avec notre guide de la compagnie de visite guidée des cavernes glaciaires était situé tout juste derrière un magasin de vêtements de plein-air (pas sûr que c’est un hasard, ont-ils des parts dans l’entreprise?). Mission accomplie, on a trouvé tout ce qu’on cherchait, et – à ma grande surprise – pour pas plus cher que si on les avait achetés au Canada! Le temps de retourner à la voiture et d’enfiler tout ça, à 9h55 on était au rendez-vous avec notre guide, embarqués dans le 4×4. Ouf!

Maintenant mieux équipés pour affronter le vent pluvieux islandais, on s’est rendus au glacier Myrdalsjökull (voisin du célèbre Eyjafjallajökull), qui cache sous son épaisse couche de glace de 596 km² et de 700 mètres d’épaisseur le mythique volcan Katla, qui a fait subir sa colère aux habitants des environs à 20 reprises depuis l’an 1000, soit une éruption à tous les 40 à 60 ans… bien que la dernière remonte à 1918 (et la population vit dans l’angoisse de la prochaine imminente depuis plus de 50 ans!). La coulée de lave provoquée par cette dernière avait ajouté 5 km de plus au littoral. Un véritable champ de ruines qu’ils ont volontairement ensemencé de hautes herbes afin de réduire les effets des désagréables tempêtes de sable noir qui surviennent à chaque fois que le vent se lève, c’est-à-dire genre tout le temps.

Mais parlons plutôt du glacier! Quelle magnifique aventure nous avons vécu Alexis et moi ce matin. La guide a bien remarqué d’ailleurs que Alexis avait constamment le sourire aux lèvres! C’est quand même pas tous les jours qu’on a la chance de traverser un glacier millénaire via un tunnel de glace abritant une rivière sous-glaciaire. Juste pour s’y rendre, c’était déjà quelque chose. Il a fallu traverser le champ de lave noire en gros 4×4 (en fait un super-mini-bus de 15 passagers équipé de gros pneus). Aucune voiture normale ne pourrait s’y rendre. Ceinture de sécurité bouclée serré obligatoire afin d’éviter de s’ouvrir le front sur le plafond! Le trajet dure 30 minutes! Cet endroit semble tellement provenir d’une autre planète qu’on y a tourné de nombreux films de science-fiction, dont un Star Wars…!

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Une fois devant le glacier, on nous équipe d’abord de casques puis de crampons à glace afin d’entrer dans cette magnifique caverne de glace, tantôt en longeant des murs sur d’étroits passages glacés, tantôt en passant au-dessus de la rivière glaciale via de chambranlants ponts de fortune de 30 centimètres de large. Tout cela fait partie du plaisir de l’aventure, mais le clou demeure tout de même la vision de cette immense montagne de glace bleue et les ramifications internes de cette caverne-tunnel qui nous mène dans un immense bol de glace à ciel ouvert, lui-même étant le résultat d’un tourbillon d’eau qui en a progressivement élargi les parois au fil des ans jusqu’en à faire cette… clairière de glace.

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Dommage pour les photos, le ciel étant vraiment sombre et le temps pluvieux, mais j’ai quand même tenté de croquer quelques clichés pour vous donner un mince aperçu des beautés qui s’y cachent… Cocasse quand on les regarde, on a l’impression de photos noir & blanc à cause de l’éclat cristallin de la glace et de la noirceur de la couche de cendre volcanique qui la recouvre partout. Ça donne un résultat intéressant.

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En tout cette aventure a duré 3 heures qu’on n’oubliera certainement jamais.

Avant de quitter Vik (au retour du tour guidé), on en a profité pour aller voir leur fameuse Plage de Sable Noir. Vous pourrez vous aussi vous demander: Mais diantre, pourquoi n’y a-t-il personne qui se baigne aujourd’hui?

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Notre aventure suivante a été moins éblouissante… en fait nous n’avons pratiquement rien vu! Ce qui est plutôt décevant quand on fait une randonnée pédestre de 2 heures pour voir l’une des plus belles chutes d’Islande: le très populaire Svartifoss, dans le légendaire parc national de Skaftafell, près du gigantesque glacier Vatnajökull (le plus grand d’Europe). Autant de raisons d’être excités, et pourtant nous n’avons connu que la déception de l’occasion manquée. C’est que le temps était si pluvieux qu’en fait nous ne pouvions rien voir du tout. Morale de l’histoire: quand les nuages cachent la cime d’une montagne, n’y grimpe pas pour y voir le panorama.

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On avait l’intention de faire une plus longue randonnée, mais vue la situation, on a décidé de passer au programme suivant: les icebergs de la baie de Jökulsarlon. Une véritable pouponnière de bébés icebergs fraîchement accouché du glacier Vatnajökull qui s’y trempe les fesses. Encore une fois, une activité excitante et prometteuse, partiellement gâchée par la rudesse de la météo islandaise. Cette fois-ci, c’est le vent qui a eu raison de nous. GLACIAL, BRUTAL, SURPUISSANT, j’avais l’impression qu’on se ferait emporter. On est resté maximum 5 minutes, d’abord sur la rive ouest, puis sur la rive est de la baie. Le temps de prendre quelques clichés, mes doigts étaient congelés et mon corps n’en pouvait plus. On est retourné en courant à la voiture et c’est ainsi que se sont terminés nos aventures du jour 3. Mais il faut dire que c’était tout de même de sacrés beaux glaçons qui flottaient dans cette baie. Voir de véritables icebergs, ça non plus, c’est pas banal!

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Voici en résumé notre trajet d’aujourd’hui. Tout de même, ça l’air de rien quand on raconte ça platement, mais on en a fait du chemin.

Ce soir nous passons la nuit dans une charmante Guest House de Höfn, un chaleureuse petite ville portuaire à la limite de cette zone qu’on nomme le Sud-Est Islandais. Demain nous quitterons le sud et ses légendaires glaciers pour entrer dans le monde merveilleux des fjords de l’Est, tous plus époustouflants les uns que les autres. Chemin faisant, nous devrions voir 5 de ceux-ci, pour terminer notre folle course 4 heures plus tard à Seyðisfjörður, cette ville renommée pour sa beauté qui a attiré les plateaux de tournage cinématographiques de The secret life of Walter Mitty, et plus récemment de la série Trapped. Si les nuages peuvent nous lâcher un peu, on devrait pouvoir s’en mettre plein la vue!

Ciao!

L’eau chaude, l’eau frette

Ouf. On avait besoin de repos apparemment. Alexis a dormi plus de 13 heures cette nuit, et moi un bon 10 heures également (ce qui est phénoménal dans mon cas)! On s’est levé passé 10h40, on a pris le temps de bien vacher, de réorganiser nos bagages, pour finalement partir vers 11h45. Tant pis pour la matinée perdue, parfois il faut savoir lâcher la pédale du gaz un peu. Et ça a vraiment fait du bien.

Je n’avais même pas réellement planifié notre journée d’aujourd’hui, sinon une vague idée de quelques activités dans le coin. Il fallait aussi décider de ce que nous voulions faire demain, car on est en plein cœur des glaciers et si on veut en profiter avant de poursuivre notre route vers l’est, c’est pas mal maintenant que ça doit se faire.

Alors on est allé dîner dans un Subway (je sais je sais, question dépaysement c’est nul, mais après avoir payé 50$ pour 2 hamburgers et 2 liqueurs à notre premier repas en sol islandais, je préfère investir mon argent dans les attraits touristiques!), question d’avoir une table pour manger pendant que je faisais quelques recherches. C’est là que je me suis rendu compte que pour faire un tour guidé sur le célèbre glacier Eyjafjallajökull (celui dont le volcan avait paralysé les vols européens pendant une semaine en 2010), combiné à une visite de la renommée forêt de Thor (Þorsmörk), ça me coûterait plus de 1000$… Aglaglagugu. J’ai mis ce projet sur la glace (c’est un glacier après tout), et on s’est trouvé 2 ou 3 activités chouettes à faire pour aujourd’hui.

Comme prévu, la météo s’est radicalement islandanisée aujourd’hui. Pluie glaciale et vent à écorner des chèvres de montagne. On a commencé par une activité réchauffante: visite du parc géothermal de Hveragerði, un village situé au pied du volcan Hengill qui génère des milliers de sources d’eau chaude tout autour, dont la population tire profit. Il s’y trouve tellement d’énergie dans cette région qu’ils parviennent à cultiver des fruits et légumes en serre, et même des bananes et des oranges! Oui, des bananes islandaises! On a même pu voir un palmier… Petite visite d’une heure qui nous a ravi. On a pu y admirer un autre geyser qui jaillit aux 20 minutes, et plusieurs installations pour capturer l’énergie géothermique. Il y a même des spas naturels où on a pu se réchauffer les mains et le cœur dans l’eau bouillante.

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Suite à cette visite, on a pris une petite pause afin de compléter mes recherches d’activités glaciaires. J’ai finalement décidé de viser un autre type de tour guidé sur le glacier Myrdalsjökull (voisin du Eyjafjallajökull) demain: visite d’une caverne de glace sous le volcan Katla, pour la modique somme de 350$. C’est un compromis acceptable. C’est quand même pas tous les jours qu’on a l’occasion de visiter un glacier multi-millénaire situé sous un volcan destructeur. On a bien hâte de voir ça. Quant au Eyjafjallajökull, on lui fera coucou en passant devant.

Une fois la réservation faite pour notre tour, on a décidé de se taper une belle petite randonnée pédestre en montagne le long d’un sentier qui longe une rivière issue de nombreuses sources d’eau chaude. Le paysage était à couper le souffle tout au long de cette promenade en montagne. Et ces innombrables sources d’eau chaude, phénoménal. Comme si cela n’était pas suffisant, on a découvert au bout du sentier un site de spas naturels dans la rivière, nommé Reykjadalur, où les gens se foutent littéralement en costume de bain dehors pour aller relaxer dans l’eau chaude. Wow! Dommage qu’on n’avait pas le nôtre. C’était quelque chose de voir tous ces randonneurs, jeunes et moins jeunes, se déshabiller dans cette pluie froide en bravant ce vent glacial pour aller plonger dans cette réconfortante eau chaude.

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Notez le « subtil » dernier signe sur la pancarte à l’entrée du parc menant au site de baignade en rivière chaude. C’est vraiment rassurant pour le baigneur de constater qu’il est interdit de chier et de pisser sur le site…

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Par contre, j’ignore si cette règle s’applique aux nombreux moutons qu’on peut voir sur les montagnes…

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… faut croire que non!

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Bref, ce fut une belle petite randonnée de 2 heures qui nous en a mis plein la vue, même par ce temps gris et pluvieux. Par contre, ça nous a donné une sacrée douche froide lors du chemin du retour car nous avions le vent dans la face et la pluie s’est intensifiée. On était trempé jusqu’aux eaux. On a pu amèrement constater que notre équipement de randonnée est inadapté aux conditions islandaises. Nos bottes, ma veste et les pantalons de Alexis ont tenu le coup, mais sa veste et mes pantalons ont misérablement échoué leur mission. Même nos gants sont complètement trempés. Vraiment pas idéal pour aller visiter un glacier. Va falloir sortir la carte de crédit et s’équiper dignement si on veut profiter du restant du voyage, surtout qu’ils annoncent encore de la pluie pour pratiquement toute la semaine.

Bref, demain au programme: visite d’une caverne de glace, suivi de… on ne sait pas encore exactement. Probablement la cascade Skogafoss ainsi que sa plage de sable noir volcanique, située tout près du glacier, suivi ensuite de la baies des icebergs Jökulsarlon, plus loin à l’est… et après on verra (s’il nous reste du temps).

Je voulais profiter de ma soirée pour planifier les jours suivants, mais voilà je suis encore tombé sur un hôtel au Wi-Fi merdique. C’est vraiment pitoyable. Je n’arrive même pas à charger une carte sur GoogleMaps. Je vais devoir me rabattre sur mon petit guide touristique en bon vieux papier. Quant à ce blogue, je peux à peine rédiger le texte, mais pour les photos ça devra attendre une mise à jour prochaine. Espérons que ça ne me mette pas en retard sur le reste du blogue (comme c’est arrivé dans certains de mes voyages précédents).

Peu importe, c’est pas les attractions qui manquent mais plutôt le temps de toutes les voir. Après une seule journée, je commençais déjà à me dire que je devrai revenir en Islande un jour, pour y faire 3 semaines de randonnées pédestres… quand je serai milliardaire bien entendu.

Ciao!

Icelanding

Finalement arrivé plus de 2h30 en retard sur l’heure prévue d’atterrissage à Keflavik (11h00 plutôt que 08h30). Mais on est arrivés, c’est tout ce qui compte.

Fatigués en simonaque par contre! Si j’ai dormi 3 heures très inconfortables, c’est un miracle, et Alexis pareil. Ça va être difficile en fin de journée!

Le reste s’est très bien déroulé dans l’ensemble. J’ai pu acheter mes cartes SIM pour nos cellulaires à Alexis et moi exactement à l’endroit de l’aéroport que j’avais repéré dans mes recherches. Ensuite la navette de Lagoon Car Rental est arrivée pour nous amener à leur boutique, où j’ai pu rapidement repartir avec mon 4×4 (un Nissan X-Trail finalement) qui me permettra de visiter les sites les plus difficiles d’accès. À midi j’étais sur les routes islandaises, 2 heures plus tard que planifié mais avec toute une journée devant nous.

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Pour gagner du temps sur le retard accumulé sur notre horaire planifié, on s’est dégoté un petit resto de sandwiches afin de pouvoir manger sur la route, nommé Street Food. Vraiment succulent, wow. Malheureusement, Alexis a été malade en voiture. En fait il a été malade dans tous les moments de transport depuis l’avion, vômissant avant l’atterrissage, puis dans la voiture à 3 reprises (entre chacun de nos sites touristiques). Mais dès qu’il sortait de voiture/avion, l’excitation et la bonne humeur reprenait le dessus, malgré la très grande fatigue. Mais dès qu’on retournait dans la voiture, bleurp. Il dit que c’est à cause de la chaleur (en Islande, ouais). Moi je dis que c’est à cause du manque de sommeil, d’hydratation et d’autres facteurs. Je suis sûr qu’une bonne nuit de 10 heures va régler ça demain.

Quant à nos visites, wow. L’Islande, quel pays hallucinant. Rien n’est semblable à quoi que ce soit d’autre. D’abord tous les champs sont composés de grosses pierres volcaniques noires, impossibles à cultiver pour la plupart. Ensuite, ces montagnes qui ont visiblement toutes l’apparence d’anciens volcans ou de calderas. La mer tout autour. Et tous les paysages sont fabuleux. On se croirait sur une autre planète.

On a commencé par le site où tout a commencé, autant géologiquement que politiquement: Þingvellir (prononcer Thingvellir comme le « th » anglais poussé comme un « s », par opposition à cette autre lettre islandaise Ð/ð qui se prononce comme le « th » prononcé comme un « z ». D’ailleurs les islandais ont aboli la lettre « z » de leur alphabet en 1974, qui ne servait à rien). Þingvellir est ce site fascinant où l’Islande a été physiquement créé à partir de l’éloignement des 2 plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne, faisant émerger des profondeurs magmatiques cette île unique au monde, très récemment d’ailleurs (il y a environ 20 millions d’années). Le résultat est cette vallée enfoncée dans le sol entre deux chaînes de montagnes volcaniques, qui s’éloigne l’une de l’autre à une moyenne de 3 mm par année. On peut distinctement y voir de nombreuses failles résultantes qui nous permettent de savoir sur quelle plaque tectonique on se trouve. Celles-ci sont maintenant séparées par 7 km au niveau du site de Þingvellir. On peut donc passer de l’Amérique l’Europe en peu de temps! Le site est enchanteur, peu importe vers où porte notre regard on est séduit.

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C’est aussi à cet endroit que les premiers islandais (descendants directs des Vikings) ont décidé d’ériger leur premier parlement en 930. La morphologie des lieux en faisait un amphithéâtre naturel où il était aisé de rassembler tous les chefs de clans islandais afin que ceux-ci débattent des lois à rédiger. C’est donc à cet endroit qu’est né l’Islande.

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D’ailleurs on a même pu voir l’endroit où ils procédaient à leurs exécutions. Si les hommes avaient la chance de se faire trancher la tête d’un coup net et adroit, les femmes avaient droit à un traitement spécial: elles étaient entièrement engouffrées dans un sac, puis jeté dans un lac afin de s’y noyer! Voici ce site enchanteur et charmant! Normalement on voit un endroit comme celui-ci et on pense pic-nique et relaxation. Les islandais de l’époque, eux, relaxaient d’une toute autre manière!

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Après cette visite ravissante qui a démarré notre séjour d’une excellente note, nous avons poursuivi notre périple vers un autre aspect définitif de l’Islande: les Geysers! En fait le mot geyser lui-même est d’origine islandaise, héritage direct du nom du plus célèbre d’entre eux, le Geysir. Jadis il pouvait cracher son eau bouillante et sulfureuse à une hauteur de plus de 60 mètres (!!!), mais maintenant il est devenu paresseux et a cessé de cracher. Heureusement pour nous cependant, son voisin immédiat, le Strokkur, a pris la relève et fait jaillir son crachat plusieurs fois par heure à plus de 20 mètres. Spectaculaire! Tout autour, des dizaines d’autres geysers bouillonnent leur marmite d’eau, générant des fumerolles vaporeuses et cette odeur de souffre indéfinissable, sinon qu’on a l’impression de se trouver dans les fesses de la terre tant l’odeur d’œufs pourris peut y être parfois forte et nauséabonde.

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Après une heure de spectacle, nous sommes passés au site suivant. Quel pays fascinant tout de même. En moins de 10 minutes on peut passer de bouillant geysers à une bruyante cascade aux dimensions fulgurantes: le célèbre Gullfoss. Impressionnant.

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Finalement on peut dire qu’on a atteint les objectifs fixés pour cette première journée, hormis un site que nous avons décidé de remettre à plus tard en fin de voyage, faute de temps (près de Reykjavik, il est possible de visiter l’intérieur d’une chambre magmatique volcanique intacte, vide et très colorée, nommé Þríhnúkagígur. Nous y reviendrons en fin de voyage lorsque que passerons par Reykjavik, le Lagon Bleu tout près et d’autres merveilles de la péninsule de Reykjanes, qui concluront ce voyage dignement).

Le programme de demain est pas encore clairement défini, mais ça se passera dans l’Islande du sud très certainement. D’ailleurs ce soir nous dormons dans une charmante ferme de Selfoss, près des sites clefs de cette zone. Ça promet d’être encore spectaculaire.

Oh, au fait, nous avons aperçu, au loin, notre premier AUTHENTIQUE GLACIER!! Regarde sur la photo suivante, derrière Alexis, entre les montagnes… non ce n’est pas la mer! Ça nous a excité comme des puces. On va s’en taper un d’ici une couple de jours certain.

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Pour finir, voici notre trajet approximatif du jour en terre islandaise. J’essaierai de publier notre trajet à chaque jour, pour vous donner une idée de ce qu’on parcourt et voit.

Sur les quais

Hip-e-laille ça commence bien: vol retardé de 2 heures. Au lieu de partir à 23h30, on va décoller seulement à 01h30… et arriver à 10h40 plutôt que 08h30. Voilà 2 heures de perdues qu’on ne reverra jamais durant notre déjà trop courte semaine de tourisme islandais. On vient probablement de perdre un site. En plus le seul jour où ils n’annoncent pas de pluie, et même beau soleil. Dommage. Mais bon, ya pire que ça dans la vie. Certains vols sont carrément annulés, d’autres sont retardés de plusieurs jours. On va prendre le 2 heures avec un sourire en coin et un grain de sel. D’ailleurs j’ai été chanceux dans ma vie car c’est la toute première fois que ça m’arrive. J’espère que je ne vivrai pas aussi une autre première avec un bagage égaré…!

Alexis est quand même content, il découvre la vie grouillante des aéroports, et tous ses dépôts de bagages, checkpoint de sécurité, boarding pass par-ci par-là, et ces kilomètres (!) de couloirs vers les portes d’embarquement et ces tapis roulants de 200 mètres et tous ces gens et ces couleurs et ces odeurs et ces appels DERNIER APPEL POUR LE VOL AM637 POUR MEXICO TOUS LES PASSAGERS DOIVENT EMBARQUER IMMÉDIATEMENT SINON ILS SERONT DÉCHIQUETÉS ET RECYCLÉS EN SMOKED MEAT POUR ÊTRE ENSUITE VENDUS AU TRIPLE DU PRIX NORMAL DANS UNE BOUTIQUE DUTY FREE QUI VOUS CHARGERA TOUT DE MÊME LES TAXES.

Je vais en profiter pour compléter mes recherches sur l’Islande, puisqu’il y a encore tant à planifier. Espérons que mon prochain billet dans ce blogue sera rempli de OH! et de AH! et de jolies photos pour les accompagner.

Ciao!

Préparatifs

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Je suis un peu pas mal dernière minute dans les préparatifs de ce voyage, qui pourtant ne sera pas si simple. Pour être franc en fait j’ai commencé à feuilleter mon Guide Michelin d’Islande il y a 3 jours à peine, et je l’ai tellement détesté que je suis allé m’en acheter un autre ce soir (le guide du voyageur Gallimard pour l’Islande), 24 heures avant l’embarquement. Pas stressé le mec? En fait, un peu oui. Je fais souvent ça, mais cette fois-ci j’ai probablement trop tardé.

D’ailleurs je n’ai réservé ma voiture que mardi dernier, 3 jours avant le départ. En plus il y a eu un pépin avec la réservation, pour cause de mauvaise ville (Reykjavik au lieu de Keflavik, ville de l’aéroport). J’ai dû appeler la compagnie pour faire annuler la réservation, mais le dude du support m’a convaincu de le laisser plutôt « éditer » la réservation pour y spécifier Keflavik, moyennant un supplément. Erreur. Je n’ai jamais reçu la confirmation de ce changement, et ma réservation indiquait toujours la mauvaise ville lorsque je consultais leur site web. En plus, le supplément a été chargé sur ma carte de crédit. N’ayant pas envie de jouer aux dés avec un élément aussi important de notre voyage, d’autant plus que je serai accompagné d’un enfant de 10 ans dont ce sera la première expérience, j’ai rappelé le lendemain pour annuler définitivement cette réservation. Je devrai cependant patienter 2 semaines avant de recevoir le remboursement complet de cette transaction sur mon compte de crédit. J’ai bien vérifié sur leur site web que la réservation était bien annulée, mais la dame à qui j’ai parlé ne voyait pas l’ « édition » que son coéquipier avait effectuée! Donc elle n’a pu annuler que la première transaction, et pas le supplément. Je sens que je devrai passer quelques heures au téléphone avec eux à mon retour…

J’ai finalement effectué ma réservation auprès d’une autre compagnie de location, et cette fois-ci tout semble en ordre. Toujours est-il que cela n’a été fait que 2 jours avant le départ!

Le pire c’est qu’aujourd’hui j’ai consulté mon compte de carte de crédit et j’ai vu une nouvelle transaction de la première compagnie de location, du montant égal à la première transaction plus le supplément. Donc j’ai présentement payé pour 2 locations pour une réservation pourtant annulée la veille! Heureusement c’est sur ma carte de crédit, je ne devrais pas avoir de problème à leur faire annuler tout cela si jamais la compagnie me fait des misères. N’empêche, c’est un peu énervant, et le voyage n’est même pas encore commencé.

N’empêche que j’ai un bon feeling. TOUTE VA BEN ALLER! Même quand ça ira mal, qu’on va tourner un peu en rond, qu’on va rater un objectif, qu’il va pleuvoir 9 jours en ligne, on va quand même vivre quelque chose d’exceptionnel qui nous fera rêvasser pendant des années. Et ça c’est le seul cadeau que je veux offrir à fiston!